Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

ALICANTE : L'INCOMPREHENSION DES "PIEDS-NOIRS" !

Le quotidien d’Alicante (Espagne) « INFORMACION » nous rapporte, sous la signature de José Antonio Martinez, que la justice espagnole enquête sur les menaces anonymes reçues le 27 juin 2014 par la directrice du Lycée Français d’Alicante.

On lui reproche le grand nombre d’admissions d’enfants algériens dans son établissement !

Ces menaces s’opposent avec haine aux principes de neutralité de ce centre éducatif français et à l’accès des enfants algériens à la dite Société littéraire Française de la cité.

Le lycée français est avant tout laïc et interdit toute représentation ou signes externes de pratique religieuse. Il reçoit des élèves de toutes nationalités : espagnols, français, algériens, marocains, russes et même américains.

L’Ambassade de France a demandé l’ouverture d’une enquête sur ces faits au procureur d’Alicante, Jorge Rabasa. Celui-ci a désigné le procureur Ramon Siles afin d’établir un rapport entre ces menaces et le racisme et la xénophobie.

Est-ce l’Ambassade de France qui a incité la justice espagnole à diriger son enquête sur les « Pieds-Noirs »? Si c‘est le cas, il serait intéressant d’en connaître la raison !

Le journaliste signataire de cet article indique que les « Pieds-Noirs » sont des citoyens d’origine européenne qui se sont fixés en Algérie et qui se sont trouvés devant l’obligation d’abandonner ce pays en 1962. Pour la grande majorité ils ont rejoint la France métropolitaine mais une partie importante s’est fixée dans la communauté valencienne et plus précisément à Alicante.

Les Espagnols, qui se sont expatriés à la fin du 19e siècle et au début du 20e vers l’Algérie, fuyaient la misère des villages et villes de la région de Valence, ils ont construits avec leurs bras, leur courage et leur sueur un pays qui, en 1962, était l’un des plus modernes du bassin méditerranéen. (Mon grand-père a débarqué à Alger, avec son baluchon, en 1898 pour échapper au conflit qui opposait l’Espagne aux Etats-Unis).

Quand ils ont débarqués à Alicante, au printemps 1962, pour la grande majorité en provenance d’Oranie, ils ne possédaient que quelques valises.

**Accueillis comme des frères par les espagnols ils ont immédiatement retrouvés leur place et sont devenus des Alicantinas et Alicantinos à part entière ! C’est d’ailleurs grâce à eux et à la Mission Laïque Française d’Alicante, sans aucune subvention de l’état français, que ce Lycée Français a pu voir le jour.

Pour ces raisons il est difficilement compréhensible que la justice d’Alicante enquête plus spécialement sur des groupes « Pieds-Noirs » susceptibles d’être les auteurs de ces menaces contre la directrice du Lycée Français sans oublier de dire que cette population a maintenant plus de 80 ans et a autre chose à faire que de créer ce genre de conflits.

Il n’y a plus d’enfants « Pieds-Noirs » fréquentant ce lycée. Après plus d’un demi-siècle ils sont tous devenus des espagnols à part entière et il est difficile d’imaginer un « vieux guerrier » de l’ex-OAS, roulant ses 83 ans assis sur son fauteuil à moteur électrique, venir se faire exploser dans l’enceinte de l’établissement (Je plaisante bien sûr, quoi que !!!).

Mais comme par hasard ce problème survient juste avant l’inauguration, le samedi 4 octobre, sur le port d’Alicante, d’une magnifique statue représentant un espagnol accueillant à « bras ouverts » l’un de ces « Pieds-Noirs » débarquant d’Oranie.

N’y-a-t-il pas d’autres pistes à suivre que celle des PN ?

**Par exemple pourquoi pas des Espagnols ou des Français irrités de constater l’arrogance de quelques élèves d’une certaine communauté, ou l’idéologie politique de quelque enseignant ? C’est en tous les cas ce qu’expriment quelques familles dont les enfants sont scolarisés dans ce Lycée.

**Autre hypothèse : des extrémistes algériens, fondamentalistes ou frères musulmans, exaspérés contre l’oligarchie et la ploutocratie de ceux qui dirigent leur pays et qui envoient leurs enfants et leurs familles vivre et étudier en Suisse, en France…et bien sûr en Espagne. Il est vrai que depuis plusieurs mois des centaines d’algériens investissent et achètent en Espagne dans l’objectif de mettre à l’abri leur famille, et eux-mêmes, devant la possible menace djihadiste qui pèse sur leur pays et le Maroc, les deux seuls pays maghrébins non encore touchés par une « révolution ». L’Algérie ayant déjà été meurtrie dans les années 90 par de sanglants évènements.

**Oui mais, allez-vous me dire, ces menaces étaient accompagnées de photos d’enfants égorgés durant la guerre d’Algérie, entre 1954 et 1962, ce qui motiverait la piste suivie.

Provocation très facile à réaliser : il suffit de surfer sur le net pour hélas en récolter à foison !

Incriminer sans aucune preuve une communauté qui a largement participé à l’expansion et à la réputation d’Alicante est pour le moins saugrenue et inadmissible.

Que la justice espagnole fasse son travail et espérons que les enquêtes en cours obtiennent une réponse mais, en attendant, il faut éviter de pointer le doigt en direction d’une hypothèse qui n’est pas la seule envisageable, loin s’en faut, comme nous venons de le lire.

(Sources : le quotidien d’Alicante « INFORMACION » des 19 et 27 septembre 2014)

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :