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Mais pourquoi le juge n'a-t-il pas le droit d'interroger ?

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 les moines de Tibhirine, dans la région de Médéa, ont été enlevés puis sont morts le 21 mai de la même année.

**Qui les a tués ?

Le GIA (Groupe Islamique Armé) a revendiqué l’enlèvement.

Seules les têtes des malheureux sept moines ont été retrouvées.

Savoir si la décapitation a eu lieu avant ou après leur mort n’est peut-être pas primordiale mais nécessaire pour la recherche de la vérité.

Est-ce que l’impact des balles peut révéler l’origine des tirs, ce n’est pas certain car les armes des terroristes et celles de l’ANP (Armée Nationale Populaire) sont souvent identiques.

**Cette affaire a connu un rebondissement en 2009 lorsqu’un ancien attaché militaire de l’ambassade de France à Alger, le général François Buchwalter, ait avancé la thèse de la bavure militaire en se basant sur le témoignage d’un militaire algérien. Il affirmait ainsi que … «des hélicoptères de l’armée ont tiré sur un bivouac d’un groupe armé… Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines, dont les corps étaient criblés de balles, et c’est pour dissimuler cette bavure que les corps auraient été décapités»… (source El Watan)

Après s’être vu reporter son voyage à deux reprises par les autorités algériennes (on ne sait pour quelles raisons) le juge Marc Trevidic est arrivé à Alger le 12 octobre. Il vient d’être autorisé à exhumer les têtes et à faire pratiquer l’autopsie. Il est accompagné d’une juge antiterroriste, Nathalie Poux, ainsi que d’une équipe d’experts.

Ces examens se feront sous le contrôle d’un juge et d’experts algériens.

Les familles de ces sept moines veulent savoir ce qui s’est passé en 1996, et cela est tout à fait légitime, mais ne sont-elles pas les seules à vouloir savoir ?

Le juge Trevidic est persuadé que l’Etat algérien a tout intérêt à trouver les responsables, surtout si cela peut lever le doute sur une bavure de son armée et incriminer les islamistes.

Mais pourquoi le juge n’a-t-il pas le droit d’interroger une vingtaine de témoins, dont justement des ravisseurs des sept moines présents sur les lieux lors de l’enlèvement et très certainement lors de leurs morts ? Ces témoignages ne pourraient-ils pas éclairer davantage que ne le feront des examens pratiqués dix-huit ans plus tard ?

Et selon les résultats de ces examens, si résultats il y a, que sera le comportement du gouvernement français, s’il s’avère qu’il s’agit bien d’une bavure de l’armée algérienne et que le gouvernement s’est tu durant 18 années ? Repentance d’un côté et compréhension de l’autre ou condamnation énergique ?

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