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8 MAI 1945 : 70ème anniversaire du massacre de Sétif.

Le secrétaire d’état chargé des Anciens Combattants, Jean-Marc Todeschini se rendra en Algérie des 19 au 21 avril pour un voyage mémoriel. Il se recueillera en mémoire des victimes de la répression. Ce sera la première fois qu’un membre du gouvernement se rendra à Sétif pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens par l’armée française en 1945.

Sa mémoire lui permettra-t-elle de se souvenir que ce « massacre » a débuté par un autre « massacre », celui de 102 enfants, femmes et vieillards, qui participaient à l’allégresse générale du retour à la paix. Le chiffre officiel, confirmé plus tard par la commission Tubert, sera de 102 morts et 110 blessés.

**Le 8 mai 1945, l’Algérie entière fêtait la fin des hostilités et la victoire des Alliés.

Ne perdons jamais de vue qu’à cette date c’est De Gaulle qui détient le pouvoir en France et que le gouvernement mis en place par ses soins est un gouvernement d’obédience communiste.

Les partis nationalistes algériens appellent à manifester ce même jour. Cette manifestation politique est autorisée par les autorités françaises à la condition qu’il n’y ait ni armes ni drapeau algérien.

La manifestation se dirige vers le centre-ville de Sétif mais un meneur déploie le drapeau algérien. Un coup de feu part et celui-ci est tué ! Qui a tiré ? Un policier débordé, un membre d’un parti opposé ? On ne le saura jamais.

Aussitôt c’est la ruée vers le centre-ville où les émeutiers, hurlant des slogans meurtriers, «Tuez les chrétiens, tuez les juifs, tuez tous les non croyants», massacrent tout ce qu’ils rencontrent,

Le soir même à Guelma, une nouvelle manifestation se développe. Le sous-préfet Achiary reçoit les ordres du général De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de l’État français, d’intervenir par la force. Il fait tirer sur la foule et le cortège se disloque laissant un mort et six blessés. Il fait arrêter 2500 manifestants qui seront jugés sommairement par des tribunaux d’exceptions similaires à ceux qui fonctionnent en France métropolitaine. Plusieurs dizaines seront condamnées à mort.

Ordre est donné à l’armée, sous la direction du général Duval, d’intervenir.

La punition immédiate, par les deux mille hommes déployés sur le terrain, peut se comptabiliser à environ deux mille cinq cents morts (ce chiffre est calculé d’après la consultation des listes du ravitaillement et des listes électorales des consultations de 1945 et 1946. Si d’autres chiffres avancés, très exagérés, s’étaient avérés exacts ces listes les auraient forcément confirmés.)

La répression fut donc d’une très grande violence, deux mois de folie meurtrière. Il n’est pas question d’établir une expertise comptable du nombre des morts au cours de ces deux mois. Quel que soit ce nombre, il a été trop élevé, mais tout de même il faut raison garder et ne pas affirmer de contre-vérités flagrantes comme n’hésitent pas à le faire tous les gouvernements algériens qui se sont succédés depuis l’indépendance.

Les services officiels du Gouverneur Général Yves Chataigneau font état de 1165 morts. Pour certains historiens, ce chiffre varie entre 2000 et 15.000. Il serait de 6000 à 8000 pour les autorités militaires françaises, les milieux nationalistes le multiplieront jusqu’à 45.000.

M. Belaid Abdessalam, ancien Premier ministre, a affirmé dans un important hebdo algérien que ce chiffre de 45.000 avait été retenu par les gouvernements algériens à des fins uniquement de propagande.

Des chercheurs algériens du Centre de recherche historique sur l’Algérie, Messieurs Mesli et Arroua, déclaraient en 2005 que ce chiffre de 45.000 était très exagéré et que le bilan humain se situait entre 8000 et 10.000.

**Jean-Marc Todeschini se rendra ensuite à Mers-el-Kebir (Oranie) pour commémorer le 75ème anniversaire de l’attaque de la marine française par la marine britannique en juillet 1940. Nous reviendrons sur ce sujet.

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