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Hollande "le renard" et Bouteflika "le corbeau"

« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute »

Ce vers de Jean de La Fontaine (Le corbeau et le renard) s’applique parfaitement à la visite éclair réalisée le lundi 15 juin par le Président de la république Française à Alger. En cette circonstance le « renard » étant François Hollande et le « corbeau » Abdelaziz Bouteflika.

Et le renard n’y a pas été de main morte : « Il m’a donné l’impression d’une maîtrise intellectuelle et c’est même rare de rencontrer un chef d’état qui a cette alacrité (Selon le « Dico » : gaieté, allégresse, entrain, enjouement ? On ne l’aurait jamais cru à le voir !) et cette capacité de jugement ».

Ajoutant : « Que la qualité de la discussion que nous avons eue pendant deux heures était particulièrement intense et élevée »

Et terminant par : « mais qu’il a toutes ses capacités pour apporter sa sagesse et son jugement pour régler les crises »

La presse algérienne n’est pas tendre sur la visite éclair de François Hollande qui, en fait, s’est fait le porte parole de l’aphasique Président algérien, qui n’a même pas pu se montrer à ses côtés lors de la conférence, et a réussi à « embobiner » le gouvernement algérien grâce à ses flatteries excessives.

Le quotidien « Liberté » : « Pour le prix d’un lexique recherché (alacrité) et un laïus dithyrambique à l’endroit de Bouteflika, Hollande a réussi à imposer aux algériens l’implantation d’une usine uniquement de « montage » de Peugeot/Citroen, tout comme il avait permis l’installation de l’usine Renault à Oued Tlelat, près d’Oran, qui produit avec un très faible taux d’intégration la « Symbol », qui ne pourrait pas se commercialiser sur le marché algérien avec ses segments africains construits au Maroc. »

Le quotidien « Le Matin » titre même à la Une « Merci pour ce moment », se référant au livre de Valérie Trierweiler : « Merci pour ce moment », Monsieur le Président, les Algériens se souviendront de vous, de vos assurances sans retenues et de votre séquence d’anthologie politique comme ils se souviennent d’un autre président socialiste, François Mitterrand. »

Dans ce même quotidien, sous la signature d’Ahcène Béttahar : « François Hollande ne nous aime pas. C’était du grand « foutage de gueule » et une offense singulière à l’endroit des chefs d’état lucides qu’il cotoie ».

Kacem Madani : « Nous savions le jeu politique pervers mais là il est quasi burlesque. Dieu que tout cela est pathétique »

Yacine K. : « Le président a été très occupé à nous vendre un président algérien brillant à le rendre jaloux. De mémoire d’algérien jamais un président français n’a osé une telle extravagance et en public qui plus est.»

Elle va même jusqu’à accuser Hollande de tromperie lorsqu’il annonce que les pourparlers sont avancés pour l’implantation d’une usine Peugeot/Citroen alors que, pendant ce même moment, le président de PSA, Carlo Tavalès, officialisait avec Mohamed VI, roi du Maroc, (accord signé ce vendredi 18 juin) l’installation d’une véritable usine de construction, la première en Afrique, dans la zone franche de Kénitra, avec un financement de 557 millions d’euros, une prévision de production de 90.000 véhicules/An en 2019 et à terme 200.000 envisagés. 4500 emplois directs et 20.000 indirects.

La stratégie française reste toujours la même : installer au Maroc des plateformes industrielles qui permettent une plus grande pénétration des marchés africains et du Moyen-Orient et, en même temps, offrir à l’Algérie, en lot de consolation afin de la calmer, des unités de montage destinées à la seule consommation locale, et cela avec des accords avantageux pour les deux constructeurs français ; quelques millions d’euros pour les 51% destinés à l’état algérien, obligeant le gouvernement à commander en exclusivité des achats groupés par les institutions et entreprises publiques, ainsi que la réactivation du crédit à la consommation pour la seule production nationale.

Comme les Algériens nous nous interrogions sur l’intérêt et l’objectif de ce moment passé à Alger par notre « commis-voyageur » François Hollande. Sans doute que, contrairement à Bouteflika, nous manquions « d’alacrité », mais à présent nous avons tout compris.

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