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18 Juin 1961 : 28 morts et 170 blessés ?

Les attentats terroristes du 13 novembre 2015 sont les plus meurtriers commis en France depuis celui du 18 juin 1961 : le déraillement du train rapide n°12 sur la ligne Paris-Strasbourg, à hauteur du village de Blacy, à cause d’une bombe placée sous le rail et qui fit 24 morts et 132 blessés, selon certains, et 28 morts et 170 blessés, selon le journaliste Abramovici.

C’est pour cette raison que cet attentat terroriste refait surface aujourd’hui, 54 ans plus tard, alors qu’on n’en a jamais entendu beaucoup parler.

Bien entendu, à l’époque, selon le secrétaire du Parti Communiste, Jacques Duclos, il s’agissait d’un attentat commis par l’OAS puisque une lettre anonyme (mais provenant très certainement de l’Organisation) avait prévenu le chef de gare de Vitry-le-François qu’on allait faire sauter la voie.

Les autorités de l’époque écartent immédiatement toute responsabilité de l’OAS et la Cour de Cassation, en date du mardi 3 octobre 1967, chambre civile 1, n’exclue pas que les auteurs de ce sabotage puissent faire partie du personnel de la SNCF.

On peut donc poser la question : pourquoi cet attentat meurtrier est-il resté un secret d’état ?

Selon « Le Parisien » du 7 janvier 2015, un doute subsiste sur le fait que ce déraillement soit un attentat de l’OAS.

Il s’agit même davantage qu’un doute car, si cet attentat avait pu être attribué à l’OAS il aurait fait la « Une » de tous les médias de l’époque.

Pourquoi « secret d’état » alors qu’on pouvait l’attribuer à l’OAS, comme cela a été le cas de bien d’autres réalisés en France ?

Affaire étouffée sur instruction du gouvernement de De Gaulle, alors qu’il indiquait l’OAS comme responsable de tous les attentats qui frappaient la France ?

Jamais l’OAS n’a d’ailleurs revendiqué cet attentat, qui ne représentait aucun objectif particulier pour l’organisation, comme c’était le cas lorsqu’ils étaient revendiqués.

Adressons-nous donc à celui qui peut nous renseigner complètement sur l’origine des attentats attribués à l’OAS, Constantin MELNIK, ami et conseiller particulier de Michel Debré pour la sécurité et le renseignement de janvier 1959 à avril 1962, donc au moment des faits, secrétaire du groupe parlementaire des radicaux de gauche.

*A cette époque il était opportun aux autorités d’attribuer cet attentat, et d’autres également, à l’OAS pour la discréditer.

Pourquoi le pouvoir qui mettait sur pied des tribunaux spéciaux et des juridictions d’exception aurait-il cherché à étouffer une affaire qui servait admirablement ses plans, par le nombre de victimes ?

Les services spéciaux et les « barbouzes » mettaient sur pied des opérations de contre terrorisme et organisaient de faux attentats, qui firent d’innocentes victimes, pour en attribuer la responsabilité à une organisation (OAS) qu’ils voulaient détruire par tous les moyens.

J’atteste que la bombe qui a explosé le 22 janvier 1962 au Quai d’orsay, et fait un mort et 12 blessés, fut attribuée à tort à l’OAS.

(Source : son livre « 1000 jours à Matignon » paru chez Grasset en 1988)

Alors en ce qui concerne l’attentat du 18 juin 1961 cherchons à qui profite le crime ?

Une bavure n’est donc pas à écarter.

En tout état de cause des suspects ont été arrêtés, puis relachés et on ne retrouve plus aucune trace d’eux ! Dans une période où le pouvoir était aux aguets et mobilisait toutes ses forces militaires, policières et ses services de renseignement, cela prouve qu’ils s’agissaient d’individus protégés en haut lieu.

Ce qui n’était pas le cas des hommes de l’OAS, on s’en doute.

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