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Le problème des Algériens, qui témoigne de leur manque de réflexion, c’est qu’ils rejettent en bloc ceux qui se permettent de les critiquer, qu’ils soient algériens ou français, et portent aux nues ceux qui les encensent, qui les flattent.

Il est nécessaire qu’ils comprennent que les premiers le font par amour de leur patrie, parce qu’ils sont algériens, ou par amour de leur passé, si ce sont des exilés de l’Algérie française.

Les Algériens devraient se demander pourquoi ces ‘intellectuels” se trouvent devant l’obligation de s’expatrier afin de pouvoir s’exprimer librement.

Pensent-ils réellement que des Kamel Daoud, Boualem Sensal, Malek Chebel et d’autres également, ne souhaiteraient pas une Algérie ouverte au progrès, au tourisme, à la laïcité, à l’hygiène, en deux mots : au bonheur?

Croyez-vous que ces “intellectuels” ne souhaiteraient pas que leurs compatriotes puissent vivre sur leur terre sans se trouver devant l’obligation de s’expatrier pour tenter d’avoir accès au bonheur?

**L’imam salafiste, Abdelfattah Hamadache a lancé une “fatwa” contre Kamel Daoud.

Fort heureusement c’était en Algérie et il vient d’être condamné à six mois de prison ferme par le procureur d’Oran.

Le 12 février, dans le quotidien “Le Monde”, un collectif de soi-disant historiens, sociologues, philosophes et anthropologues avait réagi à deux textes de Kamel Daoud concernant les agressions sexuelles commises à Cologne, avant, pendant et après la nuit de la saint-Sylvestre, dont certains auteurs seraient des migrants.

On l’accusait de véhiculer des “clichés orientalistes éculés en réduisant les musulmans à une entité homogène et d’alimenter ainsi les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen et cela sous le prétexte de refuser tout angélisme”.

On le condamne surtout sur certaines de ses affirmations, telles que : “Le sexe est la plus grande misère dans le monde d’Allah. La femme y est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée, possédée”.

Le premier ministre, Manuel Valls, pour lequel je n’éprouve aucune sympathie particulière, s’est élevé fermement contre cette “fatwa”, contre ces “intellectuels” qui au lieu d’éclairer, de nuancer et de critiquer, condamnent d’une manière péremptoire : “Les attaques, la hargne inouïe, dont Kamel Daoud fat l’objet depuis quelques jours ne peuvent que nous interpeller, nous indigner et, pour tout dire, nous consterner. Il est nécessaire, impérieux et urgent, comme beaucoup l’ont fait ces derniers jours, de soutenir Kamel Daoud sans aucune hésitation, sans faillir”.

Il salut la réflexion personnelle, exigeante et précieuse de l’écrivain algérien récompensé par le Prix Goncourt du premier roman pour “Meursault, contre-enquête”.

En septembre 2014, je présentais Kamel Daoud, suite à son article publié le 18 août dans le “Quotidien d’Oran”. Il s’inquiétait de la situation dégradante et de la saleté des plages algériennes. Et il concluait : “Il faut sauver ce pays de ses ordures. La terre appartient à ceux qui la respectent. Si nous, les Algériens, en sommes incapables, alors autant la rendre aux colons”.

Comment pouvez-vous penser une seule seconde que cet homme n’aime pas son pays?

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