Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

France/Algérie : le pont n'est pas encore construit.

Quand je vous disais qu’il n’y avait pas de « petite brouille », au sujet des révélations, connues de tout le monde, sur l’opacité et la corruption de l’entourage direct de Bouteflika.

Les deux journalistes français, Le Monde et Canal +, privés de visa et grondés, sont restés à la maison et il n’en a plus été question.

Pour le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, « Notre ciel est bleu ».

Pour Manuel Valls, « Nous avons une relation exceptionnelle ».

C’est fou comme les visages étaient crispés en affirmant ces demi-vérités.

Notre premier ministre a tenu à rappeler qu’il ne fallait pas croire un seul instant que la France considérait l’Algérie comme un marché pour ses produits : « Ce sont plusieurs millions d’euros qui vont se concrètiser grâce aux accords signés dans le secteur économique. »

Si 26 conventions et 12 accords de partenariat inter-entreprises ont été conclus. Si 500 entreprises françaises sont installées en Algérie et 6000 au moins commercent entre les deux pays. Il s’agit de quoi, si ce n’est pas un marché pour nos produits ?

Une constatation : la cérémonie de signature, en présence des deux premiers ministres, où seulement 3 accords ont été paraphés, a été expédiée avec une particulière rapidité et l’implantation d’une usine PSA (Peugeot/Citroen) sacrifiée pour le moment, alors que le projet était ficelé et que la date de démarrage des travaux avait même été avancée.

Le ciel était sans doute bleu et la relation exceptionnelle mais la lune de miel a tourné au vinaigre et la tension palpable quand il s’est agit de la question du Sahara occidental, sujet sur lequel la France, au détriment de la légalité internationale, aligne sa position sur celle du Maroc.

Il est vrai que la Maroc bénéficie de soutiens préférentiels au sein même de notre gouvernement.

Le ministre algérien des affaires étrangères n’a pas pris de gant pour rappeler que la crise du Sahara dure depuis 40 ans et qu’il ne faudrait plus tarder à offrir "l’autodétermination au peuple Sahraoui et qu’il s’agissait là d’un processus de décolonisation", a-t-il lancé à son homologue, Jean-Marc Ayrault.

Sans doute pour lui faire souvenir que la France était experte dans ces deux domaines : l’autodétermination et la décolonisation.

Une certitude : après ce voyage de reconciliation, de ce ciel bleu et des relations exceptionnelles, le pont entre la France est l’Algérie n’est pas prêt d’être construit.

Partager cet article

Repost 0