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Le rêve pharaonique de Bouteflika

La grande mosquée Djamâa al Djazaïr, déjà rebaptisée « Mosquée Bouteflika ».

Sur une esplanade de 20 hectares, 400.000 m2, le plus haut minaret du monde (265 m.), une salle de prière accueillant 120.000 fidèles, une bibliothèque de 1 million de livres, 12 bâtiments dont une maison du Coran, un centre culturel islamique, un campus universitaire, un musée d’art et d’histoire islamique, un centre de recherche sur l’histoire de l’Algérie, une salle de conférences, un centre commercial, des cafés, des restaurants, des espaces verts, un parking de 6000 places, etc.

Les travaux avaient débuté le 16 août 2012 et la mosquée devait être inaugurée le second semestre 2015. Le coût devait être de 1 milliard d’euros. (Le ministre des affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamammah, l’avait affirmé : « Le coût du projet est définitif. Il ne sera pas dépassé d’un centime». Il approche aujourd’hui les 3 milliards d’euros (corruption, pots de vin, etc.) et son inauguration est, d’ores et déjà, repoussée vers 2019.

Certains experts s’interrogent sur la fiabilité des fondations, notamment en cas de seisme (Alger étant situé sur une faille active).

Des problèmes techniques se posent : construite sur un terrain argileux et marécageux, son minaret, d’une telle hauteur, pourrait devenir une tour de Pise en quelques années. (Mais personne n’ose le dire au président Bouteflika car, pour lui, c’est devenu une question de prestige, un enjeu nationale, voir internationale, et qu’il est impératif que « sa » mosquée éclipse sa rivale marocaine, la mosquée Hassan II à Casablanca).

Trouver une compagnie d’assurance pour couvrir les risques (pour un bâtiment qui doit contenir 120.000 personnes) pose un problème immédiat. C’est ce sujet qui a motivé la résiliation du contrat avec le bureau d’études allemand pressenti au départ.

Le projet, confié à la société chinoise CSCEC, devait procurer 17.000 emplois, dont 10.000 pour les Algériens et c’est le contraire : dix mille ouvriers chinois ont débarqués.

Construite à 10 kms du centre d’Alger, la grande mosquée risque d’être souvent bien vide, quand on connaît les énormes problèmes de circulation de la capitale, et en tenant compte que les autres mosquées sont loin de faire le plein.

La population d’Alger est loin d’applaudir cette réalisation, alors que l’austérité est de mise, compte tenu surtout de la situation économique actuelle du pays, la chute des prix du pétrole et du gaz, et que d’autres problèmes sont bien davantage prioritaires, comme par exemple les logements et la santé publique.

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