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LORDON le maître à penser de Nuit debout.

Tout récemment j’écrivais au sujet du mouvement « Nuit debout » : «Spontané, certes pas, mais mouvement organisé, orchestré, encadré, dirigé, comme le fut celui des « indignés », en Espagne. »

Et j’ajoutais : « Il y a toujours des meneurs qui émergent d’une foule ».

On commence à les distinguer, à les voir, à les entendre.

Et j’avais raison. Qui est actuellement le maître à penser de cette population « spontanée » qui se réunit chaque soir devant la « Bourse du Travail », (la male nommée en ce qui les concerne) ? Nous le découvrons : L’économiste souverainiste Frédéric LORDON.

Son discours laisse rêveur, bien davantage que le culte de sa personnalité, qu’il développe en réclamant « une chaise » (en attendant sans doute « un fauteuil »), et que les « moutons » qui l’entourent se précipitent pour la lui poser sous les fesses : « Je suis le représentant du courant l’université assise »

Lordon est d’ailleurs le seul à prendre la parole et à occuper l’attention durant plus de 11 minutes. Il dénonce « la secte malfaisante, la chefferie éditocratique » et montre du doigt vengeur l’ennemi, « les médias, la grande presse, qui confisque la parole autorisée (c’est-à-dire la sienne), qui impose le citoyennisme intransitif qui ne débat que pour débattre mais ne tranche rien, ne clive rien, et n’est conçu que pour que rien n’en sorte. »

*Il faut refuser cette démocratie « all inclusive », s’écrit-il !, car c’est l’impasse où nous conduit la «secte malfaisante» (il y tient), la secte de l’oligarchie néolibérale intégrée, celle des médias organiques de l’ordre social".

Ce bavardage sans queue, ni surtout sans tête, me fait souvenir, en bien pire, un Salvator Dali des années 70, et à vous ?

Lordon justifie l’épreuve physique imposée à Alain Finkielkraut, « l’ennemi suprême qui leur a imposé cette violence du capital, cette violence identitaire raciste, dont il est le propagateur le plus notoire ».

*Nous n’accueillons pas Finkielkraut et pas d’animation citoyenne « all inclusive » (il y tient également) comme le souhaiteraient Laurent Joffrin et Najat Vallaud-Belkacem.

*Nous ne sommes pas ici pour être amis avec tout le monde et nous n’apportons pas la paix, nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique (on s’en doutait).

*Nuit Debout doit mener le combat hors de la démocratie.

*Revendiquer est une nécéssitté parfois même vitale, mais de portée limitée et elle n’aura pas de sens si nous ne mettons pas en question les structures du néolibéralisme».

*S’il n’y a plus d’alternative dans le cadre, il y a toujours possibilité de refaire le cadre. C’est de la politique, pas du revendicatif. On chasse les gardiens du cadre. Il faut mettre des grains de sable partout" lance-t-il, illustrant cette stratégie à l’aide d’exemples concrets :

*C’est débouler dans une réunion d’Anne Hidalgo, c’est débouler dans la conférence d’une association d’étudiants à l’ESCP qui invite Florian Philippot".

Et de scander : "C’est faire dérailler le cours normal des choses, les harceler, leur ôter toute tranquillité et là s’opérera "la jonction", soit la coagulation du "militantisme de centre-ville, des classes ouvrières et de la jeunesse ségrégée des quartiers", et "cette force sera irrésistible". Constituée, elle se lancera à l’assaut du "cadre à refaire", notamment "les traités assassins, les traités européens et le TAFTA".

Lordon fait dans le prophétique, qui ne cache pas à ses ouailles que "La nuit debout, la grève générale, la république sociale, c’est loin". Certains affirmaient : "Il y a plutôt une forme de joie de vivre Place de la République… qui tranche justement avec la hantise du déclin commune à nos sociétés".

Et Emmanuel Todd s’inquiétait de l’avenir de ce mouvement « spontané » : « Pas de révolution sans organisation », qu’il soit rassuré.

Ce qui n’est pas notre cas, hélas ! « Nuit Debout » a donc un chef, un guide, mais sa place serait davantage aux côtés des intermittents du spectacle, Théatre de l’Odéon, que devant la Bourse du Travail, place de la République.

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