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6 - Page d’Histoire : 8 MAI 1945 : 71ème anniversaire du massacre de Sétif.

Le 8 mai 1945, l’Algérie entière fêtait la fin des hostilités et la victoire des Alliés.

Les partis nationalistes algériens appellent à manifester ce même jour. Cette manifestation politique est autorisée par les autorités françaises à la condition qu’il n’y ait ni armes ni drapeau algérien.

La manifestation se dirige vers le centre-ville de Sétif mais un meneur, le chef scout musulman Aïssa Cheraga, déploie le drapeau algérien en passant devant le « Café de France », avenue Clemenceau. Le commissaire Olivéri tente de le lui enlever. Un jeune scout, Bouzid Saâl, le récupère. Un coup de feu part et il est abattu par un policier.

Aussitôt c’est la ruée vers le centre-ville où les émeutiers, hurlant des slogans meurtriers, «Tuez les chrétiens, tuez les juifs, tuez tous les non croyants».

Les Arabes massacrent tous les «Blancs» qu’ils trouvent sur leur chemin. Le maire de Sétif, Maître Edouard Delucca, est tué alors qu'il tentait de calmer les émeutiers, Alfred Denier, secrétaire du Parti Communiste, est égorgé et ses deux mains tranchées à la hache. On dénombre, ce jour-là, 28 morts européens et 48 blessés et chez les musulmans 30 morts et 60 blessés.

Le soir même le calme est rétabli à Sétif, mais de nouvelles émeutes se développent dans différentes villes et villages de petite Kabylie : Guelma, Kherrata, etc. les fermes européennes sont attaquées, brûlées, des actes de barbarie se multiplient, des femmes sont violées. Le bilan : 102 morts européens et plus de 110 blessés.

Le général De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de l’Etat français, ordonne à l’armée d’intervenir par la force. C’est donc 2000 soldats, composés par la Légion Etrangère, les Tabors Marocains et les Tirailleurs Sénégalais, sous le commandement du général Duval, qui sont chargés de réprimer ces émeutes car les effectifs stationnés sur place, en Algérie, sont alors insignifiants puisque 20 classes, soit 168.000 Français sont encore mobilisés en métropole, soit 15,6% sur une population de 1.076.000.

Presqu’un mois de folie meurtrière puisque la répression prend fin le 22 mai.

Les chiffres les plus fantaisistes ont été avancés par différentes sources. Le général De Gaulle confie au général Paul Tubert le soin de comptabiliser les victimes, côté musulman. Son estimation : 1020 à 1340 morts est sujette à caution.

Moins cependant que ce chiffre de 45.000 proposé par les Etats-Unis, qui avait tout un intérêt géopolitique à déstabiliser le gouvernement français. Chiffre repris par la suite par les dirigeants du FLN et par tous les gouvernements de l’Algérie qui se sont succèdés depuis l’indépendance. **M. Belaid Abdessalam, ancien Premier ministre, a affirmé dans un important hebdo algérien que ce chiffre de 45.000 avait été retenu par ces gouvernements algériens à des fins uniquement de propagande.

2500 morts fut le chiffre calculé d’après la consultation des listes du ravitaillement et des listes électorales de 1945 et 1946.

Le Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie a établi un chiffre plus précis, en date du 9 avril 2005, grâce à ses chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, de 8000 victimes environ.

Le 19 mai 1945, le quotidien communiste « L’Humanité » titrait : « Il faut châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigés l’émeute »

Le Parti Communiste qui participait alors au gouvernement de la France dirigé par De Gaulle, avait lancé un appel à la répression, comme en témoigne un tract distribué le 12 mai en Algérie dans lequel il demandait de «passer par les armes les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l'émeute. Il ne s'agit pas de vengeance, ni de représailles. Il s'agit de mesures de justice. Il s'agit de mesures de sécurité pour le pays»

(Dix années plus tard, dès 1954, ce même Parti Communiste « Français » et ses réseaux parisiens, financeront et armeront le FLN dans sa lutte contre l’armée française et seront responsables de milliers de morts, nos enfants et vos enfants, Français de métropole.)

Il y aura, parmi les musulmans, 4500 arrestations et 99 condamnations à mort, dont 22 seront exécutées.

QUE LES ARCHIVES S’OUVRENT ENFIN SUR CES EVENEMENTS DU 8 MAI 1945 A SETIF (ALGERIE) !

Le 8 mai 2015, le Président de la République, François Hollande, a tenu à nous informer, lors de son allocution télévisée, qu’il demanderait l’ouverture prochaine des archives publiques. Promesse déja faite lors de son élection en 2012 et qu’il ne tiendra pas jusqu’en 2017, et même lors d’un futur quinquennat, si par malheur il était réélu.

Pourquoi ? Parce que l’ouverture de ces archives publiques révèleraient certaines vérités qu’il est préférable d’occulter actuellement car elles ne vont ni dans le sens de l’histoire ni dans le sens de certains historiens et encore moins de la propagande algérienne, bien au contraire.

Ainsi en ce qui concerne notamment les évènements qui se sont déroulés les jours précédents et suivants le 8 mai 1945, dont il vient d’être question, et pour lesquels les Algériens réclament une repentance de la France. Mais ils ne sont pas les seuls car le "collectif pour la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 en Algérie" demande outre la reconnaissance, l’ouverture de toutes les archives et l’inscription dans la mémoire nationale de ces évènements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et la diffusion des documentaires relatifs à ces évènements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics français.

Puisque c’est le souhait des Algériens, de ce collectif et du Président de la République, voici un bref résumé de ce que révèleront ces archives concernant notamment les évènements du 8 mai 1945 relaté par des historiens à la demande du CFHM (Commission Française d’Histoire Militaire). (Source : Le Figaro – mai 2015) Ont participé à cette recherche officielle les historiens reconnus suivants : Mohammed Harbi, Annie Rey-Goldzeiguer, Roger Benmebarek, Charles-André Julien, Charles-Robert Ageron, Jean Monneret, Gilbert Meynier, Guy Pervillé, Jean-Pierre Peyroulou, Roger Vétillard, Bernard Lugan.

**Je me permets d’apporter de l’eau au moulin de nos historiens : des propos qui m’ont été relatés en personne par Ferhat Abbas et qui confirment la véracité de ce qu’ils affirment.

*Le 14 mars 44, Ferhat Abbas a constitué les « Amis du Manifeste de la Liberté » (A.M.L.) qui comptait jusqu’à cinq cent mille adhérents. Il s’agissait pour lui d’internationaliser le problème algérien. 150.000 musulmans, sur une population estimée à environ 7 millions, avaient été mobilisés dans l’armée française. Ferhat Abbas demande que ces musulmans obtiennent les mêmes droits et les mêmes libertés essentielles dont jouissent les autres habitants de l’Algérie.

Le 7 mars 1944, le Comité Français de Libération Nationale « accorde la nationalité française, sans modification de statut religieux, à tous les musulmans qui ont obtenu une décoration militaire et sont diplômés du certificat d’études au minimum. »

*62.000 combattants bénéficieront de cette nationalité.

Le 28 avril 45, Abbas réclame l’autonomie de l’Algérie, sous une forme fédérative, et prépare activement le soulèvement de Sétif.

Alors que je faisais partie de la rédaction du quotidien « Alger Républicain », j’ai eu souvent l’occasion dans les années qui ont suivi, de m’entretenir avec lui car il faisait tirer son journal «Egalité» sur les presses de ce même quotidien et il m’a relaté sa rencontre, quelques jours avant ce 8 mai 1945, avec Chekib Arslan.

Qui était Chekib Arslan ? Un accord avait été passé en Syrie entre les services secrets anglais et un agitateur professionnel islamiste, Chekib Arslan, qui réclamait la guerre sainte contre la France.

Les Britanniques exigeaient le soutien des Arabes dans la lutte qui les opposait aux Israéliens et, en échange, ils soutiendraient tous les efforts des islamistes partout où ils combattraient les Français (1). Fort de cette assurance formelle, Chekib Arslan se rend dans le Constantinois où Il rencontre Ferhat Abbas et les responsables des partis nationalistes algériens qui appellaient à manifester ce 8 mai, et qui seront manipulés à leur insu par cet agent payé pour développer un mouvement insurrectionnel en Algérie.

Arslan s’y emploie activement et prépare ce soulèvement sanglant. Cette manifestation politique fut autorisée par les autorités françaises à la condition qu’il n’y ait ni armes ni drapeau algérien. Pourquoi cette dernière condition ? Quelques jours avant, le 1er mai, ce drapeau algérien avait été brandi pour la première fois par des membres du PPA et les autorités françaises souhaitaient que cela ne se reproduise pas.

Les revendications politiques sont de deux ordres totalement opposés :

1/ Pour le clandestin Parti Populaire Algérien de Messali Hadj, éloigné dans un premier temps vers El Goléa puis Brazzaville puis incarcéré, il s’agissait de retrouver sa position de leader du nationalisme algérien, qui lui était contestée par Ferhat Abbas, et de promouvoir l’indépendance de l’Algérie.

2/ Pour Ferhat Abbas et son parti « Les Amis du manifeste de la liberté » il s’agissait de la reconnaissance égalitaire de tous les habitants de l’Algérie et l’accession à la citoyenneté française.

(On a pu constater dans les années qui ont suivi 1945, et surtout entre 1954 et 1962, la guerre sanglante que se sont livrés aussi bien en Algérie qu’en métropole les partisans du PPA et du FLN dont le bilan fut de plusieurs milliers de morts.)

Donc parmi les manifestants (environ cinq mille) nous retrouvons ces deux courants contraires et souvent opposés.

Le complot est ainsi élaboré en secret dans les jours qui ont précédé la «manifestation pacifique». Le clash sera provoqué par quelques terroristes infiltrés parmi les manifestants.

Le sous-préfet Achiary, selon les ordres reçus directement du général De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de l’État français, fait intervenir les forces de police et le cortège se disloque, laissant sur les pavés un mort et six blessés. Il fait arrêter 2500 manifestants qui seront jugés sommairement par des tribunaux d’exceptions similaires à ceux qui fonctionnent en France métropolitaine. Plusieurs dizaines seront condamnées à mort.

Il ne fallait pas que cela se reproduise à Sétif.

Contrairement à ce qui est généralement affirmé, l'émeute de Sétif n'a pas été la conséquence directe de la colère des manifestants provoquée par la mort du jeune scout, Saâl Bouzid, qui avait brandi un drapeau de l’Algérie indépendante.

Cet "accident" n'aura été que le déclencheur de l'émeute car, deux heures avant même que ne débute cette manifestation, le régisseur du marché, Gaston Gourlier, avait été assassiné.

Cette manifestation, autorisée par les autorités préfectorales, fut en réalité le début d’une insurrection armée. Son véritable objectif était bien au contraire de lancer un projet d'insurrection nationaliste dans le but d'installer dans une «zone libérée» un gouvernement provisoire algérien présidé par Messali Hadj principal dirigeant du Parti du Peuple Algérien. Ce gouvernement devait siéger à la ferme Maïza près de Sétif mais l'évasion ratée de Messali, qui était en résidence surveillée à Reibell, et son transfert à Brazzaville ont déjoué ces plans.

La preuve en est apportée car, au même moment et dans plusieurs endroits sans aucun lien évident avec la manifestation de Sétif, d'autres soulèvements se déroulèrent dans une vingtaine de localités de la région (Périgotville, Chevreul, Kerrata, Lafayette, Sillègue, El Ourici, etc.) et plus de 60 Européens sont tués.

A Guelma, la manifestation est interdite mais elle débute vers 18 heures et se heurte immédiatement aux forces de police. Plusieurs manifestants, 2 policiers et 1 gendarme sont blessés. Le lendemain, dans une dizaine de villages de la région, les Européens sont agressés. Il y aura 12 morts et 2 blessés.

Les effectifs de la police nationale à Sétif n’étaient que de 40 hommes. Dans les villages les gendarmeries n’étaient représentées que par 3 ou 4 hommes. C’était le cas à Kheratta, Chevreul et Lafayette. Le sous-préfet met en place des milices civiles, car l'armée peut difficilement participer au maintien de l'ordre.

Ce sont les agissements de cette milice dans les jours qui suivent qui sont présentés depuis 71 ans par la propagande du FLN comme les principaux responsables de la répression des journées qui ont suivi le 8 mai 1945. Or ces milices n'ont été organisées que dans 5 localités. Guelma, Constantine, Bône, Djidjelli et El Milia et elles ne sont pratiquement jamais intervenues sur le terrain.

Des renforts arrivent du Maroc, de Tunisie et d'Alger : 10.000 hommes sont déployés dans le Constantinois mais seulement 3700 dans la subdivision de Sétif, la plus vaste (sa surface est l'équivalent de 2 départements métropolitains), le plus montagneuse et la plus touchée.

La répression conduite par l’armée et qui n’a débuté que le 9 mai, n’a concerné que les communes où des Européens avaient été tués et blessés.

Ce qui s'est passé en Algérie en mai 1945 est donc bien connu des historiens et très éloigné de l'histoire officielle algérienne complaisamment relayée par la classe politico-médiatique qui pourtant déclare qu'il faut laisser les historiens travailler sur les épisodes de la présence française en Algérie mais qui ne se soucie guère de connaître les résultats de leurs travaux.

La population indigène a été victime d’un guet-apens ce 8 mai 1945.

Les dirigeants espèraient un soulèvement populaire qui ferait tache d’huile mais finalement ce fut une insurrection ratée aux conséquences dramatiques que l’on connaît.

Dans son « testament politique », écrit en 1945 mais resté inédit jusqu’en 1994, Ferhat Abbas, l’initiateur de cette manifestation, n’hésite pas à condamner : « Les organisateurs d’émeutes, ceux qui ont poussé à la violence des paysans désarmés et ceux qui, tels des chiens sauvages, se sont jetés sur Alfred Denier, auquel un salaud a sectionné les mains à coups de hache. »

***Une relation détaillée des événements algériens du 8 mai 1945 a été adressée par le professeur Guy Pervillé à des personnalités de l'Elysée et du ministère de la Défense.

(1)Les services secrets de sa très gracieuse majesté britannique poursuivirent leur soutien logistique aux Arabes, dès avant 1954, dans leurs locaux du consulat d'Angleterre à Alger. Ils fournirent renseignements militaires, faux papiers et "couvertures" diverses. Après 1958 ils pourront opérer en "presque" toute impunité puisque la D.S.T. française reçut l'ordre de ne pas "bouger". Tel était le désir du général De Gaulle, puisque cela concordait avec sa volonté de lâcher l'Algérie.

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