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ORAN : 5 juillet 1962 (suite)

J’accuse les officiers de l’armée française de complicité dans le massacre de 3000 Français, le 5 juillet 1962 à Oran, pour avoir obéi à leur chef, le général Katz, et avoir ordonné aux soldats de ne pas intervenir, laissant ainsi toute liberté d’assassiner au FLN et à l’ALN.

Ce 5 juillet, un jeune appelé qui montait la garde, dans une guérite d’une caserne oranaise, vit venir à lui un groupe de Français affolés, hommes, femmes et enfants, tous terrorisés, qui le suppliaient d’ouvrir les grilles fermées. Il n’avait pas les clés. Il a appelé, supplié qu’on ouvre les grilles d’urgence… Mais déjà les tueurs avaient rejoint le groupe. Ces gens, hommes, femmes, enfants, ont été égorgés sous ses yeux, alors qu’ils s’agrippaient aux grilles fermées à double tour. Il n’a pas pu utiliser son fusil non chargé pour leur porter secours. Cet homme a témoigné et fait ce récit horrible en pleurant… « Depuis je ne peux plus passer une nuit sans me réveiller en tremblant, avec les cris et les râles de ces pauvres gens dans les oreilles ».

Celui qui sera surnommé “ le boucher d’Oran ”, le général Katz, perdait ainsi le peu d’honneur qui pouvait lui rester.

N’aurait-il pas mérité que soit engagé contre lui un procès pour “crime contre l’humanité” pour sa complicité dans ce crime d’état ?

Et pour justifier son ignominieuse conduite, il déclara que le nombre des disparus était exagéré et que l’OAS avait provoqué les incidents en tirant sur les Arabes... Or à ce moment-là l’OAS avait cessé d’exister. Les derniers partisans avaient quitté Oran avant fin juin pour se diriger vers Alicante, en Espagne.

On peut affirmer haut et fort que l’armée française s’est totalement déshonorée au cours de ces quelques jours. Son effectif s’élevait, pour la seule ville d’Oran, à 18.000 hommes qui demeurèrent l’arme au pied face à ce massacre.

Les centaines d’officiers présents obtempérèrent sans état d’âme aux ordres indignes de leur hiérarchie.

Malgré les appels au secours, les gendarmes mobiles refusèrent de se diriger vers les quartiers arabes où ils auraient pu libérer sans difficulté des centaines d’innocents retenus captifs.

Le nouveau préfet d’Oran lui-même, M. Saouiah, un membre influent du FLN, déclarait cependant : « Nous ne pouvons tolérer de pareils actes criminels à un moment où il est demandé une mobilisation générale de toutes les énergies saines ». Il donna l’ordre de désarmement aux éléments incontrôlés, annonçant des mesures très sévères à cet effet.

Donc le préfet en personne, un chef de la rébellion, confirmait devant la presse internationale que les responsabilités se dirigeaient vers des «éléments incontrôlés» de la rébellion algérienne et non pas le fait d’irréductibles de l’OAS comme on tentait de le faire croire dans la version officielle émanant de l’armée française.

On ne connaîtra jamais le nombre exact des morts, des blessés et des disparus. La France ne le dira probablement pas... en admettant qu’elle ne le connaisse jamais.

Quant à l’Algérie !!!

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