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A qui a profité l'exécution de Georges Mandel ?

Georges Mandel fut l’homme fort du gouvernement de Paul Reynaud.

De son vrai nom, Louis Georges Rothschild, il fut ministre des colonies de 1938 à mai 1940 et prépara l’empire colonial à un conflit qu’il jugeait inévitable.

Nommé ministre de l’Intérieur, le 18 mai 1940, il souhaitait que les forces armées françaises, encore opérationnelles, soient repliées vers l’Afrique-du-Nord, pour préparer la reconquête.

C’est lui qui désigna le sous-secrétaire d’état, Charles de Gaulle, pour représenter la France à Londres, auprès de Winston Churchill.

Et c’est lui que venait tout spécialement chercher le général Spears, sur ordre du gouvernement anglais, dans l’espoir de voir réaliser une fusion des deux états (selon une idée de Jean Monnet).

Georges Mandel refusa de quitter la patrie en danger : « Ils m’ont déjà traité de « planqué » parce que j’étais réformé et comme je suis juif ils vont dire que je fuis ».

C’est ainsi que De Gaulle profita de l’occasion pour s’enfuir à Londres, dans le même avion, parce qu’il n’avait pas été nommé ministre dans le gouvernement formé par le maréchal Pétain.

Arrêté et emprisonné au Fort du Portalet (Pyrénées), Georges Mandel fut ensuite transféré dans le camp de concentration de Buchenwald, où se trouvait déjà Léon Blum. Rapatrié vers la prison de la santé, à Paris, il est livré à la milice le 4 juillet 1944.

Trois jours plus tard, le 7 juillet, il est exécuté en forêt de Fontainebleau, de 16 balles dans le dos par le milicien Mansuy.

Sur ordre de qui et, surtout, à qui profite ce crime ?

On ne saura probablement jamais qui a donné l’ordre mais, en revanche, on sait parfaitement à qui ce crime a profité, au « brigadier » de Gaulle, comme le nomme les Anglais.

Georges Mandel représentait aux yeux des alliés, anglais et américains, le seul homme politique français susceptible de rassembler les principaux acteurs de la 3ème République. Il aurait été rétabli dans la haute position gouvernementale qu’il occupait en 1940, avant la signature de l’armistice.

Et cela, bien entendu, n’arrangeait pas les affaires de De Gaulle, dont l’ambition prioritaire était de prendre le pouvoir.

Il avait délégué son bras droit, le colonel Passy (André Dewavrain, ex membre de la Cagoule) responsable de la police et de l’espionnage aussi bien en Angleterre qu’en France. C’est lui qui organisera la révolte de la police contre l’occupant nazi, le 19 août 1944.

Cette police qui avait servi avec le zèle que l’on sait durant les 4 précédentes années.

Le communiste Rol-Tanguy témoigna que cette action de la police avait été organisée par de Gaulle et son entourage afin de lui donner les rênes du pouvoir.

Sans doute son objectif majeur était d’éviter d’être accusé d’une possible complicité dans le meurtre de son compatriote Mandel, mais il n’ira pas jusqu’à évoquer les mobiles réels, ni les responsables de cette exécution, en désignant nommément le colonel Passy (Anatomie de la terreur – A. Sinclair – 2003)

Rol-Tanguy ne confirmera jamais la présence de son « agent » infiltré dans le bureau du ministre dans le but de régler le sort de Philippe Henriot et de Georges Mandel.

Le code de cet agent, trois lettres TOI, est dans le domaine public depuis 1945 et la protection de sa véritable identité est une véritable forfaiture de la justice.

La fermeture du dossier couvrant l’assassinat de Mandel dépend de la publication de l’identité de tous les complices de ces deux meurtres, vivants ou morts.

Gravée sur le mémorial officiel, posé à l’endroit même de l’exécution, en forêt de Fontainebleau, cette phrase est une énigme : « Mandel est mort assassiné par les ennemis de la France ». Qui étaient les ennemis de la France le 7 juillet 1944 ?

« Ah ! Si seulement j’avais pu sauver Mandel », sera le mea culpa de Winston Churchill vers Roosevelt, qui précéda son cri du cœur : « De toutes les croix que j’ai eu a porté, la croix de Lorraine a été la plus lourde ».

Président de la République, François Mitterrand, ex-membre de la Cagoule également, ordonnera que le mémorial de Georges Mandel soit officiellement décoré chaque année de couronnes présidentielles

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