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21 décembre 1958, l’aboutissement d’un coup d’état.

Le 21 décembre 1958 le « général » de Gaulle accédait à la présidence de la république.

Il me semble nécessaire de rappeler les conditions dans lesquelles De Gaulle a pris le pouvoir, ce jour-là, à l’issue de ce qui fut un complot contre la sécurité intérieure de l’État.

Un coup d’état qui a débuté par un crime.

Le 16 janvier 1957, le commandant Rodier est victime d’un complot organisé directement par le proche entourage de De Gaulle depuis Paris.

Assassiné par un tir de bazooka dans le bureau du général Salan, au siège de la Xe région militaire située place Bugeaud, à Alger.

C’est le général Salan qui était visé.

Dès les jours suivants, Jacques Soustelle affirme : « Avec cette affaire d’Algérie nous ferons revenir le « patron » au pouvoir ».

Le « patron » c’est bien évidemment De Gaulle.

Mais laissons la parole au général Salan : « Le 11 mars 1957, je rencontre de Gaulle à Colomb-Béchar (sud-oranais). Il me lance tout de go « Alors Salan ! Cette affaire du bazooka ? Sans doute faut-il voir son origine dans des sanctions que vous avez infligées à des soldats en Indochine ? »

Je lui réponds : « Non, mon général, il s’agit d’une sordide affaire politique. Lorsque le procès aura lieu, croyez-moi, vous en découvrirez vous-même toute la gravité ».

Alain de Boissieu, gendre de de Gaulle, me prie de le recevoir et, en présence du général Lennuyeux, il me dit : « Michel Debré m’a prié de vous demander de ne pas insister pour que le procès du bazooka vienne à l’audience ».

Je lui réponds : « Rodier a été tué, ses assassins doivent être jugés, quels qu’ils soient ».

Cette opération avait été programmée dès 1956 à partir des locaux de l’ancien RPF, rue Solférino, à Paris, et Michel Debré en était l’organisateur.

Organisé par le « comité des six », Michel Debré, Pascal Arrighi, Jacques Soustelle, Valery Giscard d’Estaing, Roland Boscary-Monsservin et le général Faure.

L’opération « Résurrection » était dès lors lancée, sous le patronage de Lucien Neuwirth, Chaban-Delmas et Léon Delbecque, l’envoyé spécial de De Gaulle à Alger.

C’est l’explosion de joie du 13 mai 1958, à Alger. Sous la conduite de Pierre Lagaillarde la foule investi le gouvernement général.

Un comité de salut public est nommé et sa présidence confiée au général Massu.

Félix Gaillard, président du Conseil, confie les pleins pouvoirs militaires et civils au général Salan.

De sa retraite, à Colombey, De Gaulle affirme qu’il se tient prêt à assumer les pouvoirs de la république.

D’Alger, les généraux Massu et Salan appellent De Gaulle, le seul qui peut sauver l’Algérie Française.

Le 27 mai, De Gaulle ment délibérément en affirmant que Pierre Pflimlin s’efface pour le laisser libre d’agir et que, dès lors, il entame le processus régulier pour l’établissement d’un gouvernement républicain.

Pflimlin dément catégoriquement : « Je n’aurais jamais pensé que cet homme illustre puisse être un menteur ».

Par la suite il confiera, en privé : « Les gens d’Alger vont avoir des surprises avec de Gaulle car il ne croit pas du tout à l’Algérie Française ».

Pour les députés français le doute n’est plus permis : c’est un coup d’état qui se prépare.

Les partis politiques sont, en majorité, contre le retour de de Gaulle.

L’entourage du « général » envisage dès lors, si nécessaire, un débarquement des régiments sur la métropole.

Le général Salan refuse tout net : « Il n’en est pas question. Le sang n’a pas coulé ici et je ne veux pas apporter ce risque en France ».

Le 1er juin, il refuse une nouvelle fois malgré l’insistance d’Olivier Guichard.

Mais il n’empêche que la population française est avisée qu’une opération militaire, avec largage d’un régiment de parachutistes sur la capitale, est programmée, si l’investiture est refusée à De Gaulle.

C’est de l’intox mais ça fonctionne parfaitement : De Gaulle devient le dernier président du conseil de la Ive république.

C’est le point final de l’opération « Résurrection » et, le 21 décembre 1958 il sera élu le 1er président de la Ve république.

(Pour davantage de détails consultez mon livre « J’accuse De Gaulle »)

 

 

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