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Accusé d’avoir organisé et dirigé l’attentat dit « du Petit-Clamart », le 22 août 1962, visant De Gaulle, Jean-Marie Bastien-Thiry, ingénieur militaire et lieutenant-colonel de l’armée de l’air, comparait devant la cour de justice militaire, présidée par le général Roger Gardet.

Il est défendu par les avocats Le Coroller, Dupuy, Isorni et Tixier-Vignancour.

Cette Cour de justice militaire a été déclarée « illégale » par le conseil d’Etat en date du 19 octobre 1962.

Fidèle gaulliste jusqu’en 1959, date à laquelle De Gaulle annonce l’autodétermination en Algérie, Bastien-Thiry n’accepte pas ce virage politique du chef de l’état qui, pour lui, est une ignominie, un déshonneur, un crime contre l’humanité :

« Nous n’avons pas à nous justifier devant votre juridiction d’avoir accompli l’un des devoirs les plus sacrés de l’homme, le devoir de défendre des victimes d’une politique barbare et insensée »

Bastien-Thiry cite comme exemple le colonel Claus von Stauffenberg, qui le 20 juillet 1944 tenta de supprimer Adolf Hitler :

« Les officiers allemands ont dû aussi être douloureusement frappés par le génocide hitlérien des juifs, comme nous le sommes par le génocide gaulliste des Français-musulmans ».

Il justifie son acte en déclarant : « C’est une vérité que l’homme contre lequel nous avons agi est à tout moment passible de la Haute Cour, et qu’il suffirait d’un minimum de clairvoyance et de courage de la part des parlementaires pour l’y traduire. Le dossier de ses forfaitures, de ses crimes et de ses trahisons existe, et des milliers d’hommes sont prêts à témoigner de la réalité de ces forfaitures, de ces crimes et de ces trahisons ».

(Toutes ses forfaitures, ses crimes et ses trahisons sont relatés dans mon livre « J’accuse De Gaulle »)

Bien que condamnés à mort, ceux qui ont tiré ce jour-là sur la DS de De Gaulle obtiennent sa grâce, mais pas Bastien-Thiry qui, selon De Gaulle, n’a pas pris de risques directs mais mérite d’être exécuté :

« Les Français ont besoin de martyrs (osera-t-il dire), je leur ai donné Bastien-Thiry. Celui-là, ils pourront en faire un martyr, s’ils veulent. Il le mérite. »

Lorsqu’on le réveille, le matin de l’exécution, la première question de Bastien-Thiry est de connaître le sort de ses compagnons, Bougrenet de la Tocnaye et Prévost. Il est soulagé d’apprendre qu’ils ont été graciés.

Jean-Marie Bastien-Thiry est fusillé au petit matin du 11 mars 1963, au fort d’Ivry. Il est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine.

 

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