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J’accuse De Gaulle d’avoir engagé des « barbouzes » avec ordre de tuer des Français qui défendaient la France.

De Gaulle en personne approuve en décembre 1961 la constitution de cette « Mission C ».

Le directeur de la Police judiciaire, Michel Hacq est chargé de former la « Mission C » avec 200 commissaires et officiers de police soigneusement sélectionnés, afin de lutter plus efficacement contre les actions de l’OAS.

Christian Fouchet, Haut-commissaire du gouvernement en Algérie, rend compte directement au ministre des affaires algériennes, Louis Joxe, des missions accomplies et des attentats organisés.

Plus de 500 victimes à l’actif de cette organisation et Fouchet se félicitera de son succès en déclarant : « Il faut remonter au XVIe siècle pour trouver l’équivalent de telles mesures répressives. »

Effectivement, la «Mission C» connait immédiatement quelques succès : de nombreux plasticages (notamment contre le restaurant «Le Grand Rocher», le 22 décembre 1961 - bilan 12 morts - et des exécutions attribués à l’OAS).

Michel Hacq, qui rappelons-le est directeur de la police Judiciaire, rencontre à plusieurs reprises Si Azzedine, chef FLN de la zone autonome d’Alger, afin de lui remettre les noms d’un grand nombre de membres de l’OAS, afin qu’il procède à leur élimination, et la liste des voitures suspectes utilisées par l’organisation.

Il lui assure, au nom de la France, une totale impunité puisque le but recherché est le même : l’exécution des partisans de l’OAS.

C'est

ainsi que l’on découvre les enlèvements et les tortures infligées à des membres de l’OAS, entre autres Michel Massenet, Michel Liévin, José Salord, Albert Coronal, Henri Vinent, Ziano, Falcone, Sintès, Tur, etc. transportés à l’hôpital de Mustapha (quelquefois avec plus de 15 jours de retard) où les médecins constatent, sous contrôle de la Croix rouge, des fractures de boite crânienne, de colonnes vertébrales des lésions anorectales par empalement, des hématuries et contusions multiples et autres sévices graves.

L’ingénieur Petitjean (enlevé et retrouvé coupé en morceaux), et, en collaboration avec les gendarmes mobiles du colonel Debrosse, le capitaine Le Pivain, fils du contre-amiral Le Pivain, abattu sans sommation.

Toutes ces actions obtenues en collaboration avec les services de renseignements du FLN.

La « Mission C » c’est la face visible de l’iceberg car il est décidé également de mettre en place et de rendre opérationnelle une «police secrète» dont le but est de créer un «contreterrorisme» et qui aura l’autorisation de procéder à des plastiquages, des arrestations, des enlèvements, des interrogatoires musclés, des tortures, des exécutions sommaires contre les Français d’Algérie soupçonnés d’être partisans de l’OAS.

Mais également d’entretenir des contacts officieux avec le FLN (tout ce que ne peut pas faire une police officielle), sans avoir de comptes à rendre à aucun organisme officiel de la République.

Les « barbouzes » sont nés !

Le MPC, aux ordres de Louis Joxe, Ministre des Affaires Algériennes, installe à Alger son délégué, le député Yves Le Tac, son responsable opérationnel Lucien Bitterlin (ex journaliste de la télévision), ses cadres : le ministre Sanguinetti, l’avocat Pierre Lemarchand et l’écrivain-espion Dominique Ponchardier.

Tous en collaboration très rapprochée avec le SAC (Service d’Action Civique) et les services du colonel (futur général pour services rendus) Debrosse et ses gendarmes de la caserne des Tagarins (auxquels sont venus se joindre 11 agents de la DST de Paris), des mains desquelles on sortait rarement vivant où alors dans un piteux état. Les certificats médicaux sont très nombreux qui en témoignent : «état absolument catastrophique, couvert de plaies, traces rouges aux poignets, ongles boursouflés, brûlures électriques, marche difficile, troubles auditifs, urine de sang, plaies rectales, etc.»

Tout comme la « police parallèle officielle », les quelques 300 « barbouzes » sont également soigneusement sélectionnés, il s’agit de « viets », chômeurs professionnels qui souhaitent arrondir leurs fins de mois, de marginaux en mal de reconnaissance et de truands afin de protéger leurs activités illégales tels Georges Boucheseiche, proxénète notoire ou Jean Augé, membre bien connu du milieu, qui sont d’excellents recruteurs (ils rejoindront par la suite le SAC pour d’autres exploits).

Ils ont « carte blanche » pour liquider l’OAS.

Ils sont payés secrètement sur les fonds de la Délégation générale du gouvernement en Algérie, par une des nombreuses sociétés fictives, comme par exemple la « Société française de l’alfa algérien » dont le siège se situait 3 Rue Scribe à Paris.

La liaison entre Alger et Paris (Louis Joxe) s’effectue par l’intermédiaire de Me Lemarchand, qui voyage sous une fausse identité.

M. Georges Bidault me demande de diffuser auprès de tous les médias un « Bulletin de liaison CNR/OAS », sous le titre « France Presse-Action », Agence Centrale d’Information et de Propagande du Conseil National de la Résistance, avec l’objectif justement de signaler tous les attentats commis par les « barbouzes » et attribués à l’OAS mais également d’informer sur les actions directes de l’organisation.

Nous en reparlerons prochainement. Pour en savoir davantage consultez mon livre « J’accuse De Gaulle » – édition 2016.

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