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6 juillet 1938 : 32 nations, y compris la France, refusent les quotas des réfugiés juifs allemands.

 

Raphaël Delpart (cinéaste et romancier) a décidé dans son livre « La conférence de la honte » de lever le voile sur les conséquences dramatiques qui ont résulté de la lâcheté des pays concernés, en 1938, par cette conférence et qui ont envoyé 6 millions de juifs à la mort.

La France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, la Suisse ainsi que les pays scandinaves refusent d’accorder les précieux visas à cette population menacée par les nazis, estimant pour justifier leur refus que les quotas d’immigrations sont dépassés. !

La France envisage même de reconduire à ses frontières dix mille juifs allemands qu’elle avait accueillies en 1933.

*Georges Bonnet, ministre des Affaires Étrangères, confie à son homologue allemand son souhait de ne plus recevoir de Juifs.

Von Ribbentrop lui répond : « Nous voudrions tous nous débarrasser de nos juifs mais les difficultés résident dans le fait qu’aucun pays n’est disposé à les accueillir. »

Le gouvernement britannique, toujours dominé par la crainte de voir les émigrés affluer en Palestine, refuse le plan du Haut-Commissaire.

Pourtant les associations juives sont disposées à prendre en charge la totalité des frais soit 50 millions de dollars, somme colossale.

Le 22 mars 1938, Franklin Delano Roosevelt, président des USA, averti à plusieurs reprises du danger qui plane sur ces plus de six cent mille juifs, propose la tenue d’une conférence internationale dans le but de déterminer le nombre de migrants juifs à accueillir par chaque pays.

Il propose à 32 pays de se réunir afin de trouver une solution favorable à l’accueil des juifs.

Il y a six cent cinquante mille juifs allemands à sauver.

Le 6 juillet 1938, 29 pays répondent présents. L’Italie, l’Afrique du Sud et le Salvador refusent d’y participer.

Dès l’ouverture des portes de cette conférence, la mascarade était évidente car aucune association de défense de la population juive n’était présente.

Malgré tout, dans un premier temps tout le monde fera bonne figure pour ensuite se rétracter et trouver un prétexte pour ne pas recevoir ces migrants dont Hitler voulait se débarrasser.

Les ONG juives proposent l’ouverture des frontières de la Palestine, où vivent déjà environ 230.000 juifs.

Le représentant anglais, Lord Winterton, leur répond que « Toute proposition de ce genre est inadmissible. »

Les Anglais font savoir à l’ambassadeur américain, Joseph Kennedy, que les mots « juif » et « Palestine » ne devront jamais être prononcés durant la conférence.

Le monde entier retient son souffle, six cent cinquante mille vies humaines sont en jeu.

Les délégués de ces 29 pays prennent à tour de rôle la parole. Ils savent qu’ils participent à une mascarade mais s’efforcent à donner le change devant les photographes qui immortalisent cette journée historique.

Tous, sans exceptions, trouvent des excuses à leur pays pour refuser de sauver les juifs.

*Henry Béranger, sénateur de la Guadeloupe et représentant de la France auprès de la SDN (Société des Nations) : « j’apporte ici l’accord de principe le plus entier et la volonté de réalisation la plus sincère, mais ma patrie a déjà fait jusqu’à l’épuisement de ses propres ressources qui ne sont, hélas, pas aussi illimitées que son ardeur à servir la communauté des hommes. »

*Pour l’Angleterre, Lord Winterton : « pour des raisons économiques et sociales, la politique traditionnelle consistant à accorder asile ne peut être appliquée que dans d’étroites limites. »

*Pour les Pays-Bas : « Depuis quelques temps, à son grand regret, la continuation de l’afflux des réfugiés doit être stoppé pour le moment, sauf dans des cas exceptionnels. »

*Le Brésil, l’Australie, l’Argentine, la Colombie, l’Équateur, l’Uruguay et les pays d’Amérique du sud, ont besoin d’agriculteurs, d’éleveurs, et de rien d’autres. Surtout pas d’intellectuels, de commerçants, de professions libérales et d’intermédiaires.

*Pour le Canada, l’Angleterre et la Nouvelle Zélande, il est nécessaire que les juifs doivent emporter avec eux des capitaux et des biens. Il ne faut pas que les postulants tombent à la charge des fonds publics. (Comme si Hitler allait autoriser les juifs à quitter le pays avec leurs biens et encore bien moins les aider financièrement à partir)

Ce livre résume en première partie l’ascension d’Hitler avec son obsession du pouvoir et de la pureté de la race en se débarrassant des scories susceptibles de gêner la mutation de l’homme « allemand » nouveau.

Les malades mentaux, les homosexuels entre autre mais aussi les juifs.

Privés de leur nationalité ces derniers devinrent des étrangers dans leur propre pays.

Ce programme amena quelques réactions d’indignations de la part des autres pays et il fût pour un temps suspendu mais poursuivi en secret.

Il était impératif de se débarrasser des 650.000 juifs allemands qui, selon les nazis, ruinaient le pays !

Le 15 juillet 1938 la conférence de la honte clôt ses travaux sans aucune décision.

**Pour les Européens ce sera pour des raisons économiques et sociales

**Pour l’Amérique du sud et l’Australie ce sera plus un besoin d’agriculteurs que d’intellectuels.

**Pour le Canada, la Nouvelle Zélande mais aussi l’Angleterre la nécessité de pouvoir emporter avec eux des capitaux et des biens mais c’est impossible car Hitler les a spoliés de tout.

Si chacune des nations présentes à la conférence avait accepté d’accueillir dix-sept mille réfugiés juifs, les juifs allemands auraient été sauvés !

Le résultat pour ne pas avoir tenté de sauver 650.000 vies, 6 millions d’êtres humains furent massacrés.

À Berlin, les nazis exultent : « Juifs à vendre, même à bas prix personne n’en veut »

Six millions de juifs ont été exterminés avec la complicité de ces 32 nations.

 

**Raphaël Delpard est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels  « Les Enfants cachés » (1998), et « Les convois de la honte » (2010), qu’il a adaptés en documentaires pour la télévision. Ses travaux sont marqués par la volonté d’apporter des vérités souvent tues.

 

 

 

 

 

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