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CE QUE LA VERITE DOIT A LA FICTION

 

M Yasmina Khadra j’ai lu votre livre dans la journée « Ce que le jour doit à la nuit ». C’est un livre remarquable et j’ai souffert avec vous…ou plutôt avec votre héros car je pensais qu’il s’agissait d’une histoire vécue, de votre biographie en quelque sorte. Et je vous comprenais, même si nous n’avions pas connu la même Algérie. Vous dans une riche ville agricole de l’Oranie, Rio Salado, moi à Bab-el-Oued, la capitale d’Alger.

Et puis j’ai appris que vous étiez né en 1955 et donc que votre livre était un roman-fiction se déroulant dans les années 1940. Cela change tout car que vous ayez vécu une réalité est une chose mais que vous ayez « inventé » des situations en est une autre. Dans un roman-fiction c’est votre pensée qui s’imprime et non votre vécu.

Je retrouve également votre pensée dans les propos que vous venez de tenir lors d’un entretien accordé au journal « Slateafrique.com » en tant que directeur du Centre Culturel Algérien, M. Mohamed Moulessehoul.

Vous affirmez avec sérieux que la crise au Mali n’est pas un problème africain mais un problème français (La belle blague) ! Pourquoi ? Parce que le belliqueux Nicolas Sarkozy a attaqué la Lybie et chassé Kadhafi, tout en sachant que ce pays servait de refuge à tous les mercenaires qui, par sa faute, ont rejoint Al Quaïda au Mali, avec armes et bagages.

Il aurait donc fallu, selon vous, Mohamed Moulessehoul, alias Yasmina Khadra, qu’on laisse en place les Kadhafi, Ben Ali, Moubarak, comme nous le faisons pour El Hassad ! Je ne suis pas loin d’être d’accord avec vous : sans doute valait-il mieux contrôler financièrement ces dictateurs qu’offrir à ces nouveaux pays « libres » les salafistes et la Charia qui les dominent aujourd’hui.

À présent je comprends mieux certaines affirmations contenues dans votre livre « Ce que le jour doit à la nuit », notamment page 183 lorsque vous commentez les évènements de Sétif du 8 mai 1945 : « L’horreur atteignit son paroxysme dans les Aurès et le nord-constantinois où des milliers de musulmans furent massacrés par les services d’ordre renforcés par des colons reconvertis en miliciens. La répression sanglante qui frappait les musulmans de Guelma, Kerrata et Sétif, les charniers où pourrissaient des dépouilles par milliers, la chasse à l’Arabe à travers les champs et les vergers, le lâcher des molosses et le lynchage sur les places publiques »

M. Moulessehoul vous avez  la mémoire sélective. Vous avez tout simplement oublié, ou peut-être ne l’avez-vous pas su?... que ces « musulmans » avaient auparavant massacré plus d’une centaine d’européens,  enfants,  femmes et  vieillards innocents et désarmés qui fêtaient joyeusement, en compagnie d’autres Arabes, la victoire de nos armées.

Il m’étonnerait également fort que né en 1955  vous ayez  pu rencontrer un « riche colon »  qui cravachait en public son fidèle et dévoué serviteur Jelloul.

L’imagination de Yasmina Khadra est féconde mais le jugement de Mohamed Moulessehoul est erroné.

Les groupes islamistes armés sont issus du terrorisme qui a sévi en Algérie lors de la décennie des années 90 et la grande peur des Algériens est justement le retour inévitable de ce terrorisme.

Alors développons le raisonnement de M. Moulessehoul : les forces françaises devraient attaquer les mercenaires algériens d’Al Quaïda au nord-Mali qui se verraient devant l’obligation de fuir vers le nord et de se réfugier donc en Algérie où, je le suppose, l’armée algérienne les attendrait pour les exterminer? Merci la France d’avoir sacrifié la vie de quelques soldats pour aider une Algérie certainement reconnaissante…comme d’habitude.

Mais est-ce que l’Algérie souhaite cette solution ? Ne préfèrerait-elle pas que les katibas djihadistes sévissent hors de ses frontières, se gardant bien de les provoquer ?

Alors M. Moulessehoul avant d’imputer la responsabilité de cette situation dramatique à la France (les algériens lui ont  déjà imputé tellement de chose…) demandez à vos dirigeants de s’impliquer directement dans cette lutte.

« On ne joue pas avec le feu sans se brûler » dites-vous ! C’est bien vrai mais c’est votre pays qui se brûlera très bientôt s’il joue trop avec le feu !

Yasmina Khadra restez dans votre domaine, la littérature, et ne vous égarez pas sur des chemins cahoteux où vous risquez fort de faire trébucher Mohamed Moulessehoul.

 

 

 

 

 

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