Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lettre ouverte à  Daniel Goldberg, député du Parti Socialiste.

 

Hier c’était un historien, Gilles Manceron, aujourd’hui c’est vous, un député français, qui vous exprimez au nom de la France sur un quotidien algérien. (El Watan du 13 juillet 2012)

Vous allez demander au Président de la République, votre ami François Hollande, qu’au nom de la France il reconnaisse la responsabilité de notre pays dans la répression violente de deux manifestations d’Algériens à Sétif le 8 mai 1945 et à Paris le 17 octobre 1961.

« Pour tourner la page (dites-vous) faut-il encore qu’elle soit écrite. C’est le sens de ma demande de reconnaissance par le chef de l’Etat français de ces faits »

Vous paraissez l’ignorer, M. le député, mais ces pages sont écrites, et même plusieurs fois, mais sans doute ne les avez-vous pas lues !

Vous êtes membre du groupe d’amitiés parlementaire France-Algérie…une amitié ce n’est pas condamner l’une et blanchir l’autre.

1 - Il n’y aurait pas eu de répression violente le 8 mai 1945 à Sétif si « vos amis » Algériens n’avaient pas massacrés et mutilés près de deux cents Européens d’Algérie, enfants, femmes et vieillards, mais de cela vous n’êtes sans doute pas au courant.

2 - Il n’y aurait pas eu de répression violente le 17 octobre 1961 à Paris si le FLN, qui venait d’assassiner en France plusieurs dizaines de policiers, n’avait pas organisé une manifestation « pacifique », interdite par les autorités (parlons-en de la répression violente, 5 morts dont 1 français et je suis à votre disposition sur ce sujet puisque j’étais sur les lieux dès le lendemain…et vous ?)

3 - Mais ce fut le cas quelques mois plus tard, le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger également une manifestation pacifique, interdite par les autorités « françaises » et un bilan de plus de cinquante morts (mais ce n’est pas votre préoccupation première n’est-ce pas ?)    

A l’heure actuelle nous ne sommes pas, nous ne sommes plus, deux nations sœurs et ce qui nous sépare est bien plus grave qu’une mer.

Vous êtes opposé aux actions de repentance et aux lois mémorielles et ce n’est pas aux élus d’écrire l’histoire, dites-vous, alors de quoi vous mêlez-vous ?

« Laissez les historiens faire le mieux possible connaître la réalité des faits passés, y compris s’ils en portent deux visions différentes. La confrontation de deux vérités peut aussi permettre d’avancer ensemble. C’est à quoi vous voulez contribuer »

Ce sont vos propres paroles mais ce n’est pas du tout le sens de votre démarche : il n’y a jamais eu de confrontation de deux vérités en métropole, il n’y a que l’explication de la vôtre, et cela depuis plus de cinquante années, et c’est toujours le même constat : la responsabilité totale et unique de la France.

 

Partager cet article

Repost 0