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YACEF SAADI : VOTRE HEROS DE LA CASBAH.

(Source : EL WATAN du 28 novembre 2012)

 

« L’armée coloniale a été d’une cruauté inégalable. Elle nous arrachait les ongles, nous faisait subir les pires atrocités »

J’ignorais les dons humoristiques du sénateur algérien Yacef Saadi. Surtout quand il ajoute « qu’on aurait dû dissoudre tout ce qu’on a hérité de la guerre de libération » et qu’il annonce de nombreuses révélations dans son prochain livre.

Toutes les révélations que peut faire Yacef Saadi, il les a déjà faites devant le colonel Godard et le capitaine de la Bourdonnaye, lors de son arrestation et cela sans être le moins du monde molesté. Des déclarations détaillées de plus de cent pages. La liste de tous les messalistes de la Casbah, rivaux du FLN. Ils seront en très grand nombre arrêtés et plusieurs exécutés.

Saadi fournira tous les organigrammes, tous les noms, tous les projets de réorganisation, et permettra la destruction de tous les réseaux et au général Massu de gagner la bataille d’Alger.

Était-il obligé de parler, de balancer bien plus qu’on ne lui en demandait ? Était-il obligé de se rendre aux paras ?

Djamila Bouhireb arrêtée et subissant un interrogatoire musclé n’avait pas révélé la cache de Yacef Saadi (qui avait si peu confiance dans son courage qu’il avait essayé de la tuer d’une rafale de mitraillette, ne réussissant qu’à la blesser grièvement, afin qu’elle ne parle pas).

Larbi Ben M’hidi arrêté et refusant de parler est exécuté.

Ali la Pointe, Ben Hamida, Hassiba, Mahmoud et Petit Omar, ne se sont pas rendus et ont trouvé la mort dans leur cache de la rue des Abderames, quartier de la Porte Neuve, le 8 octobre 1957, quelques jours après l’interrogatoire de Yacef Saadi (24 septembre) !

Yacef Saadi a préféré sauver sa vie et tout déballer en conservant « ses ongles » et en ne subissant aucune des « pires atrocités » de l’armée coloniale.

C’est également ce qu’il avait proposé à la DST afin d’être libéré de la prison de Barberousse, en septembre 1955, c’est-à-dire les tenir informer des actions du FLN dont il aurait connaissance, et c’est ce qu’il a fait.

J’ai connu Yacef Saadi alors qu’il avait 18 ans et qu’il demeurait rue Scipion, moi-même j’habitais à l’angle des rues Jenina et Bab-el-Oued. Il y avait un bon moment qu’il n’avait plus mis ses mains dans la farine, ni dans le pétrin, comme lorsqu’il avait débuté comme apprenti boulanger. Sa belle gueule et ses protections en avait déjà  fait un jeune et prometteur proxénète de la Casbah et il était bien connu des services de police du commissariat de la rue Bruce.

Yacef Saadi, tout comme ses protecteurs FLN qui ont gouverné l’Algérie depuis le 5 juillet 1962, a plus de sang algérien sur les mains que des paras ou des membres de l’OAS car, et que cela plaise ou non, les messalistes, les kabyles et bien d’autres résistants de différents partis, qui ont été donnés, éliminés et exécutés, luttaient également pour l’indépendance de l’Algérie.

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