La France doit-elle avoir honte?
On entend souvent, trop souvent depuis quelques semaines, cette accusation sur le sujet plus qu’inquiétant, et qui n’est pas prêt de s’épuiser, des “migrants” que nous accueillons peu, comparés à l’Allemagne et davantage, comparés à d’autres pays européens.
Non, la France n’a pas à avoir honte.
Ce sont ceux qui l’ont gouverné, qui la gouvernent et, probablement, qui la gouverneront qui ont eu, ont et auront, de multiples raisons d’avoir honte.
Des politiciens pour un bon nombre méprisables qui font toujours passer leurs intérêts, leurs idéologies et les intérêts de leurs partis, avant ceux de leur Patrie.
Je ne vais pas remonter jusqu’en 1789 car, à cette époque, il ne s’agissait pas de honte mais d’horreur.
Je vais également ignorer les républiques successives jusqu’à la cinquième car mille pages ne seraient pas suffisantes.
Mais tout de même je ne peux passer sous silence certains évènements :
*La “Conférence de la honte”, en 1938 : la France, et les 28 autres pays concernés, ont refusé de recevoir 17.000 des 600.000 juifs présents en Allemagne nazie. Ils ont été tous éliminés en presque totalité.
*Le pacte entre les communistes et les nazis d’Hitler jusqu’à l’automne 1941.
*Les horreurs de l’épuration à la fin de la seconde guerre commises sous la gouvernance de De Gaulle et du Parti Communiste.
*La “livraison” à Staline, par De Gaulle, de 102.481 prisonniers russes, détenus en France, et tous massacrés dès leur arrivée en Russie soviétique.
Mais cette cinquième république, et non pas la France, de quoi devrait-elle avoir honte?
Pas d’avoir abandonné les départements français d’Algérie, cela c’est de la haute politique et de la haute trahison, mais nous allons atteindre, à présent, les sommets de la honte, le sort offert à des dizaines de milliers de musulmans, les “Harkis”, qui se sont battus sous le drapeau tricolore contre les ennemis de la France, leurs frères du FLN et de l’ ALN. Abandonnés, massacrés, eux, leurs familles et même le bétail.
Les quelques milliers, sauvés contre la volonté et malgré les ordres du gouvernement, parqués dans des camps de rétention en métropole.
L’indifférence nationale contre le sort réservé à des centaines de militaires et à des milliers de civils, enlevés, torturés, assassinés, avant, pendant et après le 19 mars 1962, date des soi-disant “Accords d’Evian”.
Et, enfin, l’accueil réservé à un million de Français d’Algérie, déracinés, éxilés.
En cet été 1962 où se cachaient les bonnes consciences, les bonnes âmes, les bonnes oeuvres, toutes ces associations “humanitaires” qui, aujourd’hui, se mobilisent pour la cause des réfugiés, des migrants, quels qu’ils soient, demandeurs d’asile fuyant la guerre ou, plus souvent, illégaux économiques?
Oui, nombreux sont ceux qui devraient avoir honte, mais pas la France, elle n’y est pour rien. Elle subit l’incapacité de réformer d’élus qui ne rêvent que d’être réélus!