
L’Espagne est confrontée à un grave problème d’émigration clandestine au départ des côtes algériennes.
Au cours de l’année 2016 déjà 1206 tentatives d’immigration clandestines avaient été déjouées par les garde-côtes algériens, selon les chiffres officiels de la LADDH (Ligue Algérienne des Droits de l’Homme)
Depuis le début de 2017 ces tentatives sont en constante progression et au cours de ces dernières semaines elles se sont accélérées : le 13 octobre, 153 personnes ont été interpellées au large des côtes algériennes.
Le 3 novembre ce sont 200 algériens, à bord d’embarcations de construction artisanale, recueillis par les garde-côtes au large de la ville d’Annaba (ex-Bône).
Entre le jeudi 16 et le samedi 18 novembre, 792 candidats à l’émigration clandestine vers l’Espagne ont été interceptés par les garde-côtes, particulièrement vigilants : 461 par les garde-côtes espagnols, à bord de 44 embarcations parties des côtes oranaises. 286 citoyens algériens, à bord d’embarcations de fortune, par les garde-côtes algériens et, enfin, 45 « migrants », dont 4 femmes, interceptés au large des côtes de Mostaganem.
Malgré cette vigilance tout à fait louable plus de 500 algériens ont réussi leur débarquement sur les côtes de l’Andalousie.
Pour la première fois le ministère de la Défense d’Algérie et l’ANP (Armée Nationale Populaire) ont reconnu l’ampleur prise par ces départs clandestins.
Tous ces « migrants » interceptés sont conduits vers les ports de départ, Mostaganem et Annaba, pour y subir des examens médicaux et psychologiques puis arrêtés et incarcérés sous le chef d’inculpation de « Tentative de quitter le territoire national de manière illégale.»
A ces tentatives de migrations clandestines s’ajoute un phénomène tout à fait nouveau : de plus en plus d’adolescents et même d’enfants, tentent le départ vers les rives du nord de la Méditerranée, à bord d’embarcations de fortune.
Les autorités espagnoles ont recensé, à la date du 30 septembre dernier, un total de 339 mineurs algériens isolés parvenus sur le territoire espagnol, pour des raisons évidentes de proximité, l’Espagne n’étant qu’à quelques dizaines de kilomètres des côtes algériennes (région d’Oran).
La France n’est pas, pour le moment, confrontée à ce même problème : les Algériens arrivent légalement, avec des visas de courts séjours, et ils ne deviennent clandestins qu’après avoir décidé de rester dans le pays mais, en revanche, les « migrants » en provenance d’autres rives plus lointaines, envahissent le territoire français, notamment dans la région de Menton, et disparaissent dans la nature : clandestinement, quand ils ne sont pas recensés et officiellement lorsqu’ils sont distribués, de gré ou de force, dans nos villages !
Le général Gomart, qui était encore récemment le patron des Renseignements Militaires, l’a déclaré en septembre 2017 lors d’une conférence au CRGI (Centre de Renseignements Géospatial Interarmées) : « Les points d’entrée des filières de trafic humain sur le territoire Libyen, à la zone frontière Libye, Soudan, Égypte, sont parfaitement connus de nos services. Avant tout départ en mer, les « passeurs » appellent le « Centre de coordination italien des secours maritimes » afin qu’il puisse recueillir en mer les masses migratoires et les diriger vers des ports indiqués et éviter ainsi les débarquements dans d’autres ports. »
Fort de cette expérience de nos services, ne serait-il pas impératif que le nouveau « patron » des Renseignements Militaires français s’implique auprès des autorités algériennes (gardes-côtes) afin de les aider à intercépter toutes ces tentatives de sorties illégales du pays vers les côtes espagnoles et françaises, puisque cela s’avère impossible au départ des côtes libyennes ?