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Vous servez à quoi, Monsieur le ministre de la Justice ?

Vous servez à quoi, monsieur le ministre de la justice, garde des sceaux ? C’est bien de votre ministère que dépend l’Administration Pénitentiaire, non ? N’êtes-vous pas au courant de ce qui se passe dans de nombreuses prisons ? Par exemple à Nice, dans les Alpes-Maritimes ? Nous allons donc vous informer : Presque tous les soirs des colis pleuvent dans la cour de la Maison d’Arrêt. Ils sont jetés depuis une résidence voisine, un immeuble de la rue Justin Montolivo, par-dessus les six mètres du mur d’enceinte. Les détenus y attendent leurs livraisons quotidiennes et ces opérations se répètent plusieurs fois chaque nuit.

Un voisin, dont le balcon a une vue plongeante sur la prison, raconte au quotidien « Nice-Matin » : Quand j’ai aménagé dans cet immeuble, il y a une dizaine d’années, cette pratique existait déjà mais tout s’est accentué depuis environ deux ans, quand les filets ont été arrachés par les détenus. Tous les matins les « Matons » récupèrent ce qui reste dans la cour. Même des armes peuvent rentrer. 

La direction explique que la demande d’un budget pour la réinstallation d’un filet « demande du temps ». Mais, un membre du conseil syndical se demande lui « si la direction ne ferme pas les yeux afin d’acheter la « paix sociale » ?

Téléphones, cigarettes, anabolisants, alcool, cannabis et même de la viande, parviennent ainsi jusqu’aux détenus.

D’ailleurs est-ce bien nécessaire de se fatiguer à lancer des colis par-dessus les murs ? Ne suffit-il pas de se procurer tous ces produits et de les faire « rentrer » grâce aux visiteurs dans les parloirs. Ils passent dans un portique « qui ne sonne et ne détecte que les objets métalliques ». Tout le reste peut passer : drogues, armes en céramique, etc.

« Nous n’avons pas le droit de fouiller ces visiteurs », affirme un surveillant. D’ailleurs il y a aussi les détenus en « semi-liberté » qui sortent pour leur travail et, même s’ils ne sont pas mélangés aux autres, ils peuvent faire passer. Il ne s’agit que d’une question de coût pour les détenus : un portable coûte 500 euros à Nice et, par exemple, 2000 euros à la prison de Tarascon « car la sécurité est plus élevée ».

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